Dans mes précédents articles, je vous ai parlé du rôle essentiel du Poumon en Médecine chinoise, ainsi que de l’un de ses déséquilibres fréquents : le Vide de Qi du Poumon (à relire ici).
Mais le Poumon peut aussi être affecté par des facteurs climatiques. Parmi eux, l’un des plus courants à l’automne et en hiver est le Vent Froid, un agent pathogène externe capable de perturber notre respiration et nos défenses.
Voyons ensemble ce que recouvre cette notion en Médecine chinoise, comment reconnaître ses symptômes et surtout, comment s’en prémunir naturellement.

Qu’est-ce que le Vent Froid en Médecine chinoise ?
En Médecine chinoise, les changements climatiques ne sont pas anodins : ils font partie des causes externes de déséquilibres appelées pervers climatiques.
Le Vent est considéré comme le plus mobile et le plus pénétrant de ces facteurs. Lorsqu’il s’associe au Froid, il peut facilement atteindre le Poumon, un organe particulièrement sensible car en contact direct avec l’air extérieur.
Autrement dit, le Vent Froid correspond à une agression climatique qui pénètre par la surface du corps et vient bloquer le souffle au niveau du Poumon.
À quoi correspond l’invasion du Poumon par le Vent Froid ?
Le Poumon est le “maître des souffles” : il gouverne la respiration, la diffusion de l’énergie défensive (Wei Qi) et la régulation des liquides.
Lorsqu’il est envahi par le Vent Froid :
- le Wei Qi est affaibli → nos défenses immunitaires baissent ;
- la descente du Qi est bloquée → la respiration devient courte, sifflante ou oppressée ;
- la surface du corps est atteinte → apparition de frissons, aversion pour le froid et absence de transpiration.
Dans un langage plus moderne, cela correspond souvent à un début de rhume ou d’infection respiratoire aiguë, déclenché par un refroidissement ou une exposition au vent glacial.
Symptômes typiques de l’invasion du Poumon par le Vent Froid

Les signes les plus fréquents sont :
- toux sèche ou avec un peu d’expectoration claire et fluide,
- frissons, sensation de froid, aversion pour les courants d’air,
- absence de transpiration,
- nez bouché ou écoulement clair,
- courbatures, céphalées légères,
- respiration superficielle, sensation d’oppression dans la poitrine.
💡 À noter : contrairement au Vent Chaleur, il n’y a pas de fièvre marquée, ni de soif, ni d’expectoration jaune.
Comment s’en prémunir ?
Se protéger du climat
- Couvrir particulièrement la nuque et le haut du dos, zones privilégiées par le Vent pour pénétrer dans le corps.
- Limiter l’exposition prolongée au froid et à l’humidité.
- Privilégier une alimentation tiède et réchauffante (éviter les excès de crudités et d’aliments froids).
Les huiles essentielles alliées
- Ravintsara (Cinnamomum camphora CT 1,8 cinéole) : antivirale, immunostimulante.
- Saro (Cinnamosma fragrans) : proche du Ravintsara, mais plus douce et équilibrante.
- Eucalyptus radié (Eucalyptus radiata) : idéale pour dégager les voies respiratoires.
💡 En pratique :
– En diffusion douce, seules ou en association,
– Dans un stick inhalateur, en synergie, à respirer en prévention ou dès les premiers frissons
– Diluées dans une huile végétale, en friction sur la poitrine et le haut du dos.

Les plantes protectrices
- Gingembre frais (Zingiber officinalis – Zingiberaceae), rhizome : réchauffe, stimule la transpiration douce.
- Sureau noir (Sambucus nigra – Adoxaceae) – fleurs : favorise l’élimination des toxines par la sudation.
💡 En pratique :
– En infusion :
5-10 g de rhizome de Gingembre frais rapé/litre d’eau
30 g de fleurs de sureau/litre
Dans une tisane à prendre dès les premiers frissons, associées entre autres à des plantes anti-infectieuses (par exemple des sommités fleuries de thym (Thymus vulgaris)), émollientes (par exemple des fleurs de bouillon blanc (Verbascum thapsus)).
Gestes simples d’auto-massage

- Masser la nuque et les trapèzes pour “chasser le Vent”.
- Respirer profondément en plaçant les mains sur la poitrine pour rétablir la circulation du Qi.
- Tapoter le haut du thorax, dans le creux situé sous la clavicule, pour stimuler les points P1 (Zhong Fu) et P2 (Yun men) et ainsi régulariser le Qi du Poumon, le faire descendre et dégager les glaires.
Conclusion
Le Vent Froid est une agression climatique classique de l’automne et de l’hiver. Apprendre à reconnaître ses symptômes et agir dès les premiers signes permet d’éviter qu’il ne s’installe.
Grâce à une combinaison de protection adaptée, huiles essentielles, plantes réchauffantes et auto-massages simples, il est possible de soutenir efficacement ses Poumons et de renforcer son énergie défensive.
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